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"Le choix de monter Phèdre répond à un défi, à un désir qui remonte à loin. Celui de s’emparer d’un grand texte du répertoire, une histoire familière et mythique, et de faire vivre par elle un moment de célébration, de collectif, un moment de fête au spectateur. Je choisis Phèdre comme on choisirait un conte traditionnel à raconter au coin du feu. Monter Phèdre aujourd’hui, c’est souligner l’ancrage de son histoire, l’écho des thèmes qui traversent la pièce avec les enjeux qui pétrissent notre réalité contemporaine. Comme un clin d’oeil au théâtre romain, ce moment de théâtre sera un instant d’appartenance où spectateurs et acteurs seront dans le même espace, réunis pour raconter un mythe qui est un prétexte à exulter, rire, chanter, pleurer, applaudir ensemble. Et plus important encore, faire émerger les questions qui nous animent, celles d’aujourd’hui et celles qui sont intemporelles, les questions qui sont propres à la condition humaine. Pour ce faire, Vesta mettra à profit les outils qui sont les siens : Le théâtre au sens conventionnel du terme, bien sûr, mais aussi la musique, et le théâtre sensoriel."

Phèdre est une tragédie romaine écrite par Sénèque, philosophe stoïcien, politicien, poète et dramaturge. L’histoire de Phèdre prend racine dans un thème récurrent de la mythologie grecque, celui de la « marâtre » amoureuse du fils de son mari, et qui, repoussée, l’accuse à tort. Phèdre, consumée par l’amour, enclenchera une mécanique funèbre et inéluctable. La pièce dépeint un monde en tension, au bord de la faillite, de l’effondrement, et au sein duquel les personnages se débattent, subissant malgré eux la pression d’enjeux qui les dépassent totalement. Les malédictions familiales s’y passent de génération en génération comme un virus mortel, aliénant les personnages jusqu’a les mener à une impasse inévitable. Les personnages sont condamnés à prendre en charge des questions qui transcendent leur histoire individuelle : Les rapports de pouvoir, la déconnexion à la nature et le conservatisme, l’émancipation désirée mais jamais atteinte d’un faisceau de valeur rigide et emprisonnant dont ils ne peuvent se libérer, les relations dysfonctionnelles entre les hommes et les femmes,  les tabous sociaux, la question de la folie, la marginalité, le radicalisme, qu’il soit politique, émotionnel ou moral…


Le théâtre romain avait fonction de régulateur social, un lieu qui rassemblait le peuple lors d’un moment convivial, consensuel, ritualisé et réglé par une codification tragique déroulant les mêmes motifs, auxquels tous peuvent s’identifier. En confrontant les spectateur aux contradictions, à l’extrême des monstres présentés, l’oeuvre de Sénèque et la tragédie romaine dans sa globalité nous met face à nos propres contradictions, notre propre dimension monstrueuse, nos crimes et nos radicalités, et qui ne trouvent pas de résolution écrite. La mise en scène de Phèdre sera un reflet de la dimension jubilatoire et festive du théâtre Romain. On y représentera la fête, la célébration, la dimension religieuse et mystique du théâtre, et la question d’un rituel de société sera un outil de plus pour approfondir le travail sur ce théâtre de la rencontre, du commun et de l’intime qui anime la compagnie. 


    L’enjeu pour Phèdre est de relier les codes et cadres proposés par le théâtre sensoriel avec ceux de la fiction, du texte écrit, qui plus est dans une langue poétique et loin d’être quotidienne. Comment représenter à la fois un récit mythologique ou les personnages prennent une dimension immense, presque monstrueuse, et garder un souci de rencontrer, d’immersion et de sensorialité ? Comment accueillir les spectateurs au sein de cet espace de fiction, les rendre héros, ou du moins protagonistes de l’histoire de Phèdre ? Et le tout sans tomber dans la « participation » artificielle, fabriquée et superflue ? Il s’agit là de questions fondamentales qui traverseront tout le processus de création du spectacle.

Phèdre

de Sénèque

traduction de Florence Dupont

Mise en scène, création sonore

RAPHAËL MARS

 

Avec la collaboration de

EDWIN HALTER

 

Avec

PHÈDRE : Flore Nappée

HYPPOLITE : Raphaël Mars

LA NOURRICE : Nikita Faulon

THÉSÉE : Thibaud Boursier

LE CHOEUR/LE MESSAGER : Roxane Argouin

durée : environ 1h45

Prévisionnel de création :

 

1-12 Juin 2021 : Accueil en résidence au Château de Monthelon, pour un laboratoire axé sur le travail musical, l’immersion, la relation avec le spectateur.

 

Automne 2021 : première résidence de création autour d’un travail sur le texte, la construction des personnages et l’interprétation.

 

Automne 2021 - Printemps 2022 : deux périodes de création, incluant la création lumière et la conception de la scénographie.

 

Entre Septembre et Décembre 2021 : Création à Rennes.

 

 

Soutiens :

 

Le château de Monthelon

atelier international de fabrique artistique à Montréal (Yonne)

plus d’informations : monthelon.org

 

Au bout du plongeoir

lieu de résidence, d’expérimentation et de création à Rennes

(Ile-et-vilaine)

plus d’informations : auboutduplongeoir.fr